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L'économie à sa place

"Supposez un cavalier sur sa monture et renversez l'image. Le cavalier prend son cheval sur ses épaules. Il en est ainsi de l'économie actuelle."

Cette métaphore du sociologue et orientaliste Jacques Berque, illustre bien l’inversion totale des valeurs imposée par la société moderne.

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Inversion récente, mais bien installée dans l’imaginaire occidentale car comme le dit justement la journaliste Mona Chollet « La primauté de l’économique sur le social est un avatar historique, qui est apparu et peut donc disparaître mais qui n’a aucun mal à se maintenir et à se présenter comme éternel et « naturel », puisqu’il repose aussi sur les dispositions mentales dont ont hérité ceux qui le contestent. »

Dans les sociétés primitives, pour l’anthropologue Pierre Clastres « l’économie n’est pas une « machine » à fonctionnement autonome : impossible de la séparer de la vie sociale, religieuse, rituelle, etc. Non seulement le champ économique ne détermine pas l’être de la société primitive, mais c’est bien plutôt la société qui détermine le lien et les limites du champ économique. […] La société primitive n’est pas le jouet passif du jeu aveugle des forces productives, elle est au contraire la société qui exerce sans cesse un contrôle rigoureux, et délibéré sur sa capacité de production. »

A l’opposé, l’économie moderne s’est affranchie de la tutelle de la société et des hommes.
Elle s’est « autonomisée » et n’est pilotée que par des concepts et des mots clés érigés en table de la loi. « Croissance », « Développement », « Consommation », « Performance », « Efficacité », « Rendement », « Compétitivité »… dirigent nos vies et l’élite économico-politico-financière s’emploie à les répéter avec la foi des croyants proche de la terre promise.

La tyrannie économique a détruit les valeurs de solidarité, de coopération, d’intérêt collectif et général. Elle nous a imposé une lecture du Monde déshumanisée et déconnectée des réalités auxquels on doit notre vie sur Terre. L’emprise de l’économie et sa dimension planétaire l’a rendu incontrôlable. Tour de Babel des temps modernes, elle est condamnée à disparaître.
Avec nous ou sans nous ?

La Boétie disait « Les tyrans n’ont de pouvoir que celui que nous voulons bien leur accorder. » Il ne tient qu’à nous de déconstruire l’économie mondiale, et de la ramener à une échelle territoriale, préhensible, à dimension humaine. Seule façon de reprendre « la main » sur l’économie, retrouver son libre-arbitre, son autonomie économique.
« L’autonomie sur le plan économique, c’est une identité, une culture renforcée qui se traduit par une joie de vivre et d’une esprit de tolérance liées au sentiment de maîtriser son destin ». (Helen Norberg-Hodge philosophe et écrivain).

La relocalisation de l’économie est une impérieuse et urgente nécessité. Elle remettra l’économie au service d’une finalité voulue et choisie par chaque population.

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« Si vous êtes dans le doute face à une action à entreprendre, demandez-vous si elle rendra service aux plus petits et aux plus faibles des humains. La réponse vous sera donnée sur l’attitude à prendre. » Ghandi ...

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