Les OGM

Les OGM ou le rêve du monopole absolu d’une poignée de multinationales.

Peut-on rêver d’un meilleur monopole que celui qui repose sur la nourriture, sur la faim ? C’est le rêve dément poursuivi par une poignée de multinationales. Rendre la planète dépendante de leurs semences transgéniques. Les brevets qui protègent les constructions génétiques représentent l’arme juridique permettant de mettre sous dépendance totale les paysans de toute la planète.

Que déteste une entreprise ? Les risques dont on ne peut pas mesurer l’impact et qui pourraient la mettre en péril. Les OGM sont de cette nature. Aucune assurance n’a voulu prendre en charge à ce jour le risque de contamination des OGM. Les risques sont incalculables, donc inassurables. Alors qui couvrent le risque en cas de pollution ? Les marchands d’OGM ? Non, bien sûr, grâce à la puissance de leur lobbying, ils ont fait endosser la responsabilité aux Etats.
Le contribuable paiera l’addition en fin de course. Souhaitons que cette addition, non calculable aux dires des assureurs, ne nous oblige pas à mettre la clé sous la porte (en l’occurrence, il s’agit de notre survie sur Terre).


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L’argument principal mis en avant par les vendeurs d’OGM est l’augmentation de la productivité agricole.
En dernier ressort, l’argument humanitaire nous est servi par les thuriféraires du transgénique : leurs semences pourraient supprimer la faim dans le Monde !

Ce dernier motif représente le comble de la naïveté ou du cynisme. L’objectif d’une entreprise est de gagner de l’argent. Point. Pas de servir une cause humanitaire ! Si les affamés représentaient une demande solvable, ils pourraient peut-être susciter l’intérêt des vendeurs de semences, mais ce n’est pas le cas. Imaginer par ailleurs que le problème de la famine peut se résoudre grâce à des semences transgéniques, atteste d’une ignorance totale sur les causes structurelles de la faim. La faim résulte justement de la mainmise de l’industrie agro-alimentaire ou minière sur les surfaces arables de la planète, et de la mise sous dépendance économique des paysans.

Quand à l’argument de la productivité, voyons ce qu’en disent finalement les industriels intéressés.
« Selon Clive James, consultant de l’industrie bio-technologique, les plantes génétiquement modifiées n’ont pas été mises au point dans la perspective de rendements accrus : 54% des nouvelles plantes transgéniques sont des plantes résistantes aux herbicides, ce qui permet un accroissement de l’emploi des herbicides, non un accroissement de la production alimentaire. Un rapport de l’industrie biotechnologique mentionne : le gêne de tolérance aux herbicides n’a par lui-même aucun effet sur les rendements. » (« Le terrorisme alimentaire – comment les multinationales affament le tiers-monde » Vandana Shiva)

On ne peut être plus clair ! On comprend bien l’intérêt financier de l’industriel vendeur tout à la fois des OGM et des produits d’épandages chimiques. L’échec des 1er agriculteurs canadiens, américains ou encore indiens, utilisateurs d’OGM, est patent. Baisse des rendements et augmentation des pesticides. Le bilan économique est purement désastreux pour l’agriculteur.
De nombreuses études le démontrent, mais elles sont peu visibles ! Le lobby industriel poursuit son chemin, preuve s’il en est, des intérêts financiers en jeu, et de la collusion entre l’économie et le politique, sans parler de la communauté scientifique.

Pour conclure sur l’argument du rendement, laissons la parole à Vandana Shiva :
« Comme Clifford Geertz la montré en comparant vingt deux modes de production agricole, la biodiversité et l’intensification du travail sont les deux facteurs les plus efficaces pour augmenter les rendements ».

Mais si la biodiversité permet notre survie sur Terre, et si un travail autonome peut rendre la dignité à chaque être humain, il est clair ce que ces deux principes sont diamétralement opposés aux intérêts économiques des multinationales de l’agrochimie et de la biotechnologie.

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