Accueil > Les mauvaises réponses > Combattre la pauvreté
Combattre la pauvreté

« Combattre la pauvreté », « Lutter contre la pauvreté », « Faire reculer la pauvreté », « Eliminer la pauvreté »…

Toutes ces formules servent d’alibi à l’occident pour imposer sa logique économique et mettre sous sa tutelle toutes les populations de la planète.
Ces expressions rassurent notre bonne conscience, nous font croire que les maux et les injustices de la planète sont pris en charge, assumés.

Rien n’est plus faux. Nous n’avons rien compris.
Nous mélangeons « pauvreté matérielle » et « misère ». Misère culturelle et sociale, perte des valeurs, des repères, du sens et du sacré…

Télécharger l'image

Nous nous donnons la posture du bon samaritain apportant les bienfaits matériels de la modernité aux « pauvres ».
Nos routes, nos ponts, nos immenses barrages, nos « autoroutes de l’information » démontrent sans conteste la supériorité de notre civilisation moderne. Nos voitures, nos avions, nos ordinateurs, nos téléphones sont les signes irréfutables d’un mode de vie idéal, incomparable que toutes les civilisations passées et actuelles doivent nous envier.

Pourquoi donc les « pauvres » n’auraient pas droit eux aussi à l’avalanche de produits de la société de consommation, pour faire « reculer la pauvreté » ?

Si plus d’un milliard de téléphones portables sont vendus chaque année, pour autant la misère touche de plus en plus de gens. Les écarts et les injustices dans l’accès aux ressources vitales comme l’eau ou la terre, n’ont jamais été aussi flagrants, y compris au sein des sociétés les plus riches sur le plan matériel.

Jamais, nous n’avons été aussi prêts d’une possible éradication de l’homme par l’homme. Et dans ce carnage, jusqu’au bout peut-être, nous continuerons à croire que nous combattions pour une bonne cause ?

La rhétorique n’a pas changé depuis l’ère de la colonisation où la mission était de faire avancer la civilisation, et reculer la barbarie. Tous les penseurs, philosophes, écrivains, sans parler bien sûr des grands personnages politiques de l’Etat, et donc tous les citoyens, partageaient cette vision messianique au XIX et dans la première moitié du XXième siècle.

Maintenant, il ne s’agit plus de lutter contre les barbares ou les sauvages, mais d’éradiquer la « pauvreté » !
Rien ne change dans les rapports de force, l’oppression continue, s’aggrave, mais nous ne sommes pas obligés, comme nos aïeux, de croire encore à la fable racontée par les institutions dominantes (nos fameuses autoroutes de l’information ne nous ont malheureusement pas aidé à être plus clairvoyant).

Si le taux d’équipement matériel moyen par habitant monte prodigieusement (et aussi vite que leur obsolescence), la misère s’étend et s’accroît toujours plus rapidement.
Nous nous trompons de combat, et nous sommes en train de le perdre, en entraînant toute le l’humanité.

Ils ont dit

« Laissez les pauvres tranquilles » Ghandi (et plus récemment un paysan guatémaltais)

Voir aussi

La croissance économique sans fin sur une planète finie, est tout simplement impossible. Un enfant de 12 ans peut comprendre cela .
Cependant la croyance dans une croissance économique apportant paix et prospérité à tou ...

Le progrès est un des piliers majeurs des croyances de notre époque.

Telle une foi religieuse, elle s’impose aux esprits. Les expressions toutes faites comme « On n’arrête (ou on ne refuse) pas le progrès », ...

  Haut