Accueil > Les conséquences > La Françafrique
La Françafrique

« Si je savais quelque chose qui fût utile à ma patrie et qui fût préjudiciable au genre humain, je la regarderais comme un crime. » Montesquieu

Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat français à la coopération, déclare dans une interview du journal Le Monde du 16 janvier 2008, qu’il veut signer l’acte de décès de la « Françafrique ». Dans le même article, il se plaint que la rupture annoncée par le président de la République tarde à venir. Quelques mois plus tard, il est remercié et doit démissionner.

Le terme Françafrique revient régulièrement dans les discours ou les articles traitant des relations de la France avec l’Afrique. Il est le plus souvent présenté comme une page de l’histoire qui est en train de se tourner, ou déjà derrière nous.

Quelle est cette page méconnue, cette face cachée de la politique française en Afrique ?
François-Xavier Verschave, l’inventeur du mot Françafrique, la décrit comme « une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique organisée en réseaux et lobbies, et polarisé sur l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’Aide Publique au Développement. […]. Le système autodégradant se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie ».


Télécharger l'image

La Françafrique est un mécanisme de domination économique et politique, où tous les coups sont permis, de la simple corruption jusqu’au crime.
La Françafrique est à la fois une prédation de richesses inimaginables, remplacées par une dette totalement injuste, mais également des milliers d’assassinats et des millions de morts.

Quand est née la Françafrique ? Le 5 septembre 1961, au tournant des indépendances africaines, De Gaulle avait expliqué la future politique française en Afrique : « Notre ligne de conduite, c’est celle qui sauvegarde nos intérêts et qui tient compte des réalités. Quels sont nos intérêts ? Nos intérêts, c’est la libre exploitation du pétrole et du gaz que nous avons découvert ou que nous découvrirons. »
Jacques Foccart, responsable de la cellule africaine de l’Elysée, sera chargé de faire respecter cette ligne de conduite, qu’il reformulera de la manière suivante : « Pour les intérêts de notre pays, il ne faut pas avoir peur de mettre la main dans celle du diable ».
Foccart sera un des hommes les plus puissants de la 5ème République et aura influencé tous les présidents français jusqu’à sa mort en 1997.

L’Afrique, contrairement aux idées reçues, est une très bonne affaire pour les entreprises françaises.
Selon, l’OCDE, en 2003, le commerce de la France avec l’Afrique présentait un solde positif de 3,2 milliards d'euros, supérieur au commerce effectué avec l’Europe. Total, le groupe Bouygues, Bolloré, Rougier, Areva, Dassault, Lagardère sont les principaux profiteurs de la manne africaine.

Une part du financement de toutes les classes politiques dirigeantes françaises vient par le détournement de l’Aide Publique au Développement et des commissions occultes sur les matières premières ou le trafic d’armes. D'après les enquêtes menées pendant l'affaire Elf, Omar Bongo, président du Gabon et doyen des dictateurs en Afrique, ancien des services secrets français, a soutenu tous les partis politiques français, mouvances gaullistes en tête, généralement sous forme d'argent liquide.
Pour l’ancien directeur de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE), Pierre Marion, «Les subsides de Bongo servent à tout le monde lors des élections françaises et créent une sorte de colonialisme à l’envers ».
L’association Survie demandait, ingénument, si cela expliquait pourquoi tant de personnalités politiques (dont François Bayrou, lui aussi piégé par la télévision gabonaise) se sont empressées de rencontrer Omar Bongo pendant la campagne présidentielle de 2007, à commencer par Nicolas Sarkozy ? À peine élu, le nouveau président français appelait Omar Bongo pour le remercier de ses bons conseils, puis le recevait à l'Elysée et ordonnait à tout son gouvernement de passer saluer le doyen des « amis de la France ». Deux mois plus tard, l'amitié entre Nicolas Sarkozy et Omar Bongo se confirme, puisque c'est Libreville que le président français choisit pour clore sa première tournée africaine, le 27 juillet 2007. Il n'arrive pas les mains vides, puisqu'il a obtenu, la semaine précédente, un accord jamais vu du Club de Paris qui allège d'au moins 15% la dette gabonaise. (lu dans Wikipédia)

L'actualité en parle

« La priorité économique prime sur la priorité morale… »

12/03/2009

Un article du Monde du 11 mars confirme ce que les initiés savent depuis longtemps. Les partis politiques français bénéficient du soutien financier de la part des dictateur...

L'angolagate, un éclairage sur la Françafrique

04/02/2009

Un article intéressant de la journaliste Pascale-Robert-Diard, dans le Monde du 4 février, sur le procès de l’Angolagate.

http://www.lemonde.fr/archives/article/200...

 
Pour en savoir +
La françafrique par François-Xavier Verschave
François-Xavier Verschave est l'ancien président de l'association Survie. Il est l'inventeur du néologisme "Françafrique"
1er ouvrage de référence sur le sujet. A lire absolument
Noir silence par François-Xavier Vershave
Une plongée au coeur des relations politico-économico-mafieuses entre la France et l'Afrique.
La France coloniale d'hier et d'aujourd'hui par l'association Survie
Excellent résumé de la continuité des rapports entre la France et ses anciennes colonies
Les dictateurs amis de la France par l'association Survie
Tour d'horizon rapide et éclairant sur les dictateurs africains amis de la France
Que fait la France en Afrique par les Renseignements Généreux
Très bonne brochure pour comprendre rapidement la Françafrique (téléchargeable sur le site Web) http://www.les-renseignements-genereux.org
Nicolas Sarkozy ou la Françafrique décomplexée par Samüel Foutoyet
Excellente actualisation sur la françafrique
L'association Survie milite en faveur de l'assainissement des relations franco-africaines
Survie est l'association de référence en France pour comprendre la réalité des relations économiques et politiques entre la France et les pays africains. Des analyses régulières sont publiées par l'association. http://survie.org/
  Haut