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Le retour de l’artisanat

L’entreprise artisanale n’est pas un vestige du passé.

Elle représente aujourd’hui environ 14% de l’activité en France, et a su résister à la globalisation économique. Mieux, elle offre des perspectives d’emplois aux recalés du « Marché » dans les économies du Nord.
Quant aux pays du Sud, l’artisanat et l’agriculture paysanne occupent encore la majorité des gens. Les entreprises artisanales jouent un rôle économique et social majeur, qui s’inscrit sur un territoire concret, dans la proximité, à l’inverse du processus de mondialisation.

On peut donc prévoir un retour au 1er plan de l’artisanat et des petites entreprises.
Les petites activités locales et autonomes succéderont logiquement au cul-de-sac du « Marché mondial ».

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L’école, les médias, les pouvoirs publics contribuent à valoriser un modèle d’entreprise global, planétaire.
La taille, le volume de chiffre d’affaires sont les critères de reconnaissances de notre société, et à défaut de faire parti des « poids lourds » de l’économie, on saluera la PME ayant su diffuser ses produits dans le monde entier, grâce aux dernières technologies informatiques et marketing.

L’intellectuel prime sur le manuel, la quantité sur la qualité, et surtout l’usage des appareils modernes « dernier cri » distingue l’entrepreneur moderne, « branché » sur le monde entier, de l’artisan aux mains calleuses, ravalé au rôle de figurant d’un passé révolu (aux accents nostalgiques ou exotiques selon son origine).

Sauf que toutes ces idées reçues et imposées par la pensée dominante de notre époque, ne sont que des croyances. Elles ne résistent pas à l’épreuve des faits, et l’effondrement en cours de l’économie actuelle le démontre.

Les emplois et les activités économiques durables s’appuient sur les petites structures. Les grandes entreprises détruisent bien plus d’emplois qu’elles n’en créent.

Mais l’intérêt des Etats et des médias est focalisé sur les grandes entreprises. Leur accointance est bien établi tant sur le plan des réseaux des dirigeants et de leurs conseillers, que des intérêts capitalistiques et financiers. Aussi les grands groupes influent directement sur les politiques économiques et sociales. Les avantages qu’ils obtiennent sont exorbitants par rapport aux réels services apportés à la collectivité.
Le bilan est largement négatif sur le plan social, culturel et environnemental. Mais les stratégies de communication bien rodées autour de la thématique du développement durable (s’apparentant à de la propagande), nous font croire le contraire.

Les petites et moyennes entreprises sont les réels créateurs d’emplois. Dans les « petites », il ne faut pas oublier les très petites strcutures, de moins de 10 salariés jusqu’à l’entreprise familiale et unipersonnelle.
Tout ce tissu de petits entrepreneurs contribuent à faire vivre un territoire en créant des liens sociaux, des emplois durables, compatibles avec les limites de notre écosystème.

Il convient toutefois de distinguer l’artisanat ou les petites entreprises œuvrant avec et au service du local, et les PME sous-traitants des multinationales.
Les seconds ne font que participer à une économie mondiale prédatrice et déconnectée des besoins du territoire. Bien entendu, elles sont présentées le plus souvent comme des modèles de « développement local » réussi, participant donc à créer des emplois et « dynamiser » leur région.C’est une illusion. Ces PME sont dépendantes d’un modèle global qui leur échappe totalement. Les grandes entreprises sous- traitant une partie de leurs besoins à des PME, pourront à tout moment trouver d’autres fournisseurs à des milliers de kilomètres, moins chers, moins « scrupuleux » sur les conditions de travail et sur le respect de l’environnement.

Il y a une différence fondamentale de statut entre le dirigeant ou le salarié d’une entreprise, qui n’est qu’un infime rouage dépendant et au service du « Marché mondial », du petit entrepreneur maîtrisant sa production et sa clientèle locale.
Ce dernier est autonome et maître de son destin, ancré dans un territoire concret, palpable. Son marché n’est pas anonyme, global. Ses clients lui sont attachés non seulement par des liens économiques, mais aussi par des liens sociaux. Ces rapports construisent un tissu de solidarité, basé sur la réciprocité des échanges, dont les mailles sont serrées autour du territoire. Au contraire de la mondialisation, où les mailles du tissu économique distendu par la distance, laissent se désintégrer l’humanité et la nature.

Les artisans, les entrepreneurs, non seulement créent beaucoup plus d’activités que la grande entreprise, mais surtout leur savoir-faire leur permet de produire « toujours plus avec toujours moins ».
Le vrai progrès est là : utiliser notre ingéniosité pour produire plus avec moins d’efforts humains et en préservant les ressources naturelles.
La grande entreprise suit le chemin exactement contraire. Elle détruit des activités économiques en bien plus grand nombre qu’elle ne crée des emplois salariés, produit peut-être toujours plus, mais accompagné d’encore plus de déchets, et avec un coût de prélèvement insupportable pour la nature.

A nous consommateurs, d’accélérer le retour inéluctable de l’artisanat et de la petite entreprise au service de notre territoire.

Voir aussi

Laine et Compagnie est une entreprise artisanale spécialisée dans la production de literie en laine de mouton.

Son parcours témoigne d’un mouvement de fond inéluctable vers une relocalisation massive de l’économie.

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