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La souveraineté alimentaire ou la désindustrialisation de l'agriculture

« J’affirme haut et fort qu’on peut produire autrement, durablement, des denrées alimentaires de haute qualité sanitaire en quantité suffisante, avec des performances économiques bien supérieures aux méthodes industrielles, pour peu qu’on cesse de remplacer les paysans sur la Terre par des molécules chimiques. » Claude Bourguignon, agronome et biologiste

Pour Via campesina, mouvement international de petits paysans, la souveraineté alimentaire signifie que « le droit des peuples et des communautés de se nourrir et de produire leur nourriture prévaut sur les préoccupations commerciales ».

Selon la définition du Forum Mondial sur la Souveraineté Alimentaire tenu à Cuba en 2001 :
« La souveraineté alimentaire est la voie à suivre pour éliminer la faim, la malnutrition et garantir la sécurité alimentaire durable et soutenable pour tous les peuples. Nous entendons par souveraineté alimentaire le droit des peuples à définir leurs propres politiques et stratégies durables de production de distribution et de consommation d’aliments. Elles doivent garantir le droit à l’alimentation à toute la population, sur la base de la petite et moyenne production, en respectant leurs propres cultures et la diversité des modèles paysans, de pêche et indigènes de production agricole, de commercialisation et de gestion des espaces ruraux, dans lesquels la femme joue un rôle fondamental. La souveraineté alimentaire favorise la souveraineté économique, politique et culturelle des peuples. »


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La souveraineté alimentaire est finalement la seule façon de garantir la sécurité alimentaire mondiale et de préserver une nourriture saine, diversifiée, traduisant l’identité et les savoir-faire uniques et spécifiques de chaque population.

Elle suppose deux retours en arrière radicaux pour l’occident. Sur l’agriculture industrielle et sur le « Marché ».

Retour en arrière ne signifie pas régression. Lorsque le chemin mène à un précipice, le bon sens oblige à revenir sur ses pas. Il y a des retours en arrière qui sont des progrès, et des marches en avant, des suicides collectifs…

Il nous faut impérativement désindustrialiser l’agriculture et supprimer les règles du « Marché » appliquées à l’alimentation.

Cette révolution copernicienne ne concerne heureusement qu’une partie de l’agriculture mondiale. L’activité paysanne occupe toujours la majorité de l’humanité. Mais les lobbies industriels et les politique publiques, à travers notamment l’école et l’information, avancent vite et détruisent tous les jours l’agriculture traditionnelle, seule à même de nourrir durablement la planète.
Il y a urgence à préserver ce qui est juste, et à reconstruire ce qui a été perdu.

L’agriculture doit être pour l’occident le 1er secteur d’activités où les politiques appliquées, depuis plusieurs décennies, doivent être inversées radicalement.

Chacun, à travers sa consommation quotidienne, peut être acteur de ce retournement.

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