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La relocalisation de l'économie

« Si vous êtes dans le doute face à une action à entreprendre, demandez-vous si elle rendra service aux plus petits et aux plus faibles des humains. La réponse vous sera donnée sur l’attitude à prendre. » Ghandi

Cette sage parole du Mahatma semble difficilement applicable dans une économie mondialisée.
Comment analyser les conséquences d’un acte simple d’achat quand il n’y a pas de lisibilité, de traçabilité, de transparence sur les conditions sociales et environnementales d’un produit dont les composants ont été fabriqués aux quatre coins de la planète ? On peut faire semblant de croire aux pseudos-normes établies par les institutions et le commerce internationale. Les labels éthiques, équitables ou solidaires mettent ainsi un voile commode sur nos consciences.

La seule manière d’évaluer avec sérieux l’impact des activités économiques, est de les ramener pour l’essentiel à l’échelle d’un territoire à dimension humaine. Chaque population y regagnera son autonomie économique, et pourra s’assurer qu'elle rend bien « service aux plus petits et aux plus faibles des humains ».

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Que doit-on relocaliser ?

L’économiste Serge Latouche rappelle le « principe de subsidiarité du travail et de la production » formulé par Yvonne et Michel Lefebvre, c’est à dire le principe de la priorité à l’échelon décentralisé. Toute production pouvant se faire à l’échelle locale pour des besoins locaux devrait être réalisée localement. Un tel principe repose sur le bon sens et non sur la rationalité économique.

Le bon sens impose d’être autonome, « souverain », sur les besoins essentiels de l’existence. La nourriture, bien sûr, mais également l’habitat, les vêtements, l’énergie, la monnaie…, les chantiers à reconquérir localement sont nombreux, et il y a urgence.

Quant à la rationalité économique, mis en avant par les catéchèses de l’économie, relève, disons les choses froidement, de la fumisterie ou de l’escroquerie intellectuelle.
Pour au moins deux motifs simples.
La rationalité économique ne vise que le fameux profit. Celui-ci ne prend pas en compte la prédation effectuée sur la nature. Le produit ne supporte jamais la réalité du prélèvement et des coûts de destruction, reportés sur le contribuable (pour une part immédiate des sinistres) et sur le futur pour le « reste » (entendu que sur ce « reste », on ne connaît pas l’ampleur de l’addition).
De plus, les grandes Nations, défenseurs acharnées de la libre circulation des marchandises sur la planète, sont, et ont été de tout temps, protectionnistes sur une bonne partie de leurs productions. Elles ont assis leurs dominations économiques sur un jeu astucieux de soutiens de leurs produits et d’ouverture des marchés pour les imposer aux autres. Le calcul du profit, y compris donc sur des bases économiques orthodoxes, en est faussé constamment.

Le bon sens oblige à revenir à des marchés locaux protégés répondant aux besoins de leurs populations.
La protection opérée dans un cadre local, correspond à un choix délibéré de gens, voulant préserver tout à la fois leur autonomie et leur environnement.Contrairement au processus de globalisation économique, la protection n’est pas un outil au service d’une expansion sans limites et de la mise en dépendances d’autrui.

La relocalisation n’est pas du tout une logique de repli identitaire ou communautaire. Relocalisation ne signifie pas autarcie.

« N’est-ce pas en reconstruisant les échanges économiques par le bas, d’abord autour des ressources et des potentialités internes de chaque collectivité et de son territoire, que se trouve les meilleures chances d’établir ensuite entre ces collectivités, où qu’elles soient dans le monde, des relations ouvertes et voulues ? » (Ingmar Grandsadt)

A l’inverse, la mondialisation économique démontre tous les jours qu’elle ne fait qu’exacerber les identités, les extrémismes et les oppositions frontales, qu’elles soient sociales, ethniques ou religieuses.

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