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Le journal Le Monde justifie (encore!) l’usage du nucléaire à Hiroshima !?
le 18/08/2009

Une brève très choquante du Monde à la page 2 du journal du 15 Août 2009.
Cette brève intitulée « Nagasaki, retour sur une bombe controversée » se termine par la question renversante «… trois jours après Hiroshima, une nouvelle attaque était-elle nécessaire ? », et admet donc implicitement le « nécessaire » usage du nucléaire sur Hiroshima (sans compter que la question posée ainsi maintient le doute sur Nagasaki. Le dossier référencé sur le site internet du journal laisse entière cette regrettable bévue).

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Il est vrai que pendant longtemps, la thèse officielle américaine a prévalu dans l’inconscient populaire pour justifier l’abomination. Hiroshima et Nagasaki auraient ainsi économisé des centaines de milliers, voire un million de vies américaines, selon les chiffres fantaisistes fournis par les dirigeants américains et anglais de l’époque.
L’infamie était ainsi expliquée, benoitement.
Quand bien même l’arithmétique invoquée aurait été juste, l’abomination n’en serait pas moins toujours là. On exterminait des milliers d’innocents, femmes, enfants, vieillards immédiatement ou dans des souffrances inimaginables, pour « économiser » des vies militaires, celles nécessaires à l’invasion du Japon. Mieux aurait valu à ce supposé compte macabre, renoncer simplement aux largages des bombes et à l’invasion de l’archipel.
Par ailleurs, mettre sur le même plan le risque couru par les combattants et l’extermination certaine de centaines de milliers civils démontre que l’occident a abdiqué depuis longtemps toute éthique dans la conduite des guerres.

Nonobstant la plus élémentaire morale, on sait pertinemment que le Japon était totalement incapable de poursuivre son effort de guerre en Août 1945. Les témoignages des amiraux et généraux américains abondent dans ce sens, les plus illustres compris tel que Einsenhower.

L’extermination d’Hiroshima et de Nagasaki par le nucléaire, mettait les américains et anglais en position de force dans les négociations d’après-guerre qui allaient s’ouvrir avec l’URSS, et annonçait le début de la guerre froide. L’autre raison plus prosaïque, rationnel pourrait-on dire (!) et effrayante en songeant à l’arsenal nucléaire disponible aujourd’hui, est que les bombes avaient été fabriquées, qu’elles avaient couté très cher (2 milliards de dollars de l’époque et mobilisation de plus de 130.000 hommes), et qu’il fallait donc bien les utiliser…

Jean-Pierre Dupuy, dans son dernier ouvrage «La marque du sacré » rappelle une interview de l’ancien secrétaire d’état américain, et ancien responsable de la Banque Mondiale, Robert Mc Namara. Mc Namara conseillait le général Curtis LeMay, responsable du largage des bombes incendiaires sur les villes japonaises.
« Dans la seule nuit du 9 au 10 mars 1945, cent mille civils périrent carbonisés à Tokyo. Mc Namara rapporte en l’approuvant ce propos étonnamment lucide de LeMay : « Si nous avions perdu la guerre, nous aurions été jugés comme criminels de guerre. » ».

Voilà, la morale est à géométrie variable, et les vainqueurs écrivent l’histoire. Mais rien ne nous oblige à soutenir les mythes et les crimes du passé.

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