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L'aide au développement en question
le 01/12/2008

Une réaction au dernier article de Jean-Pierre Tuquoi paru dans le Monde du 11 nov. sous le titre « Une expérience concluante pour 80 villages africains ? »

On ne peut pas être d'accord avec ce titre, et au vue du contenu de l'article, il aurait fallu au contraire annoncer l'inverse.

Article de Jean-Pierre Tuquoi paru dans le Monde du 11 novembre 2008 Télécharger l'image
 

Cette expérience confirme exactement ce qu'il ne faut pas faire pour l'Afrique, et reste le prolongement de l'action « humanitaire bonne conscience », dont l’objectif caché est de mettre les africains sous la dépendance des lobbies industriels occidentaux.

Jean-Pierre Tuquoi reconnait lui-même justement qu'"il sera difficile d'élargir l'expérience à l'échelle du continent", ce qui aurait déjà du l’empêcher de titrer son article comme il l’a fait! Si l'expérience n'est pas reproductible à l'échelle du continent, pourquoi la qualifier de « concluante » ?Les moyens utilisés dans cette expérience tels que semences subventionnés, engrais fournis par les occidentaux sont exactement à l'envers de ce qu'il faut faire.

Et aujourd'hui, même les institutions internationales comme la FAO, le FMI, ou la Banque Mondiale entre autres, reconnaissent que la politique, qu'ils ont défendu pendant des décennies, consistant à vouloir augmenter les rendements grâce à la fourniture gracieuse (dans un 1er temps) de semences hybrides et d'engrais fournis par le lobby agro-industriel occidental, n'était pas la bonne solution.Et qu'au contraire, il fallait revenir aux semences traditionnels adaptés aux terroirs, aux cultures vivrières, seuls à même de nourrir les africains et de garantir leur souveraineté alimentaire.Les institutions ont fini par admettre que la mise en dépendance et sous tutelle des africains par le lobby agro-chimico-industriel précipitait les paysans africains dans la misère.

Alors, il est vraiment dommage de continuer encore à propager des idées contraires à cette réalité criante.Mais Monsento, Pionneer, Syngenta, etc. remercieront Le Monde, de ce coup de pouce à leur business model qui détruit les autonomies productives des paysans africains, sans compter l’atteinte à la biodiversité alimentaire et aux écosystèmes.

Enfin, sortons une bonne fois pour toute du sempiternel et hypocrite argument de l’aide humanitaire alors qu’on cherche uniquement à imposer des modèles économiques désastreux pour les populations africaines, mais certes profitables pour quelques intérêts privés étroits et bornés.

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