Accueil > Blog > « La priorité économique prime sur la priorité morale… »
« La priorité économique prime sur la priorité morale… »
le 12/03/2009

Un article du Monde du 11 mars confirme ce que les initiés savent depuis longtemps. Les partis politiques français bénéficient du soutien financier de la part des dictateurs africains, tel que Omar Bongo, président du Gabon.
C’est toujours lors des phases de brouilles diplomatiques que les dessous cachés de la politique s’affichent sans vergogne. Suite à la plainte effectuée par des associations sur ses propriétés françaises considérées comme des « biens mal acquis », et par une saisie récente opérée sur un de ces comptes par les tribunaux français, Omar Bongo a laissé sa presse écrire que les responsables politiques français « à chaque élection présidentielle…bénéficient des largesses d’OBO [Omar Bongo] », et menacer d’aller plus loin dans les révélations embarrassantes.

Gageons que l’avertissement suffira à tempérer le zèle de la justice française dans les procédures intentées par la société civile.
http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/03/10/omar-bongo-denonce-une-campagne-de-calomnies-contre-le-gabon_1165947_0.html

Sur le même thème des relations corrompues entre la France et les pays africains, citons également l’excellent article de Pascale Robert-Diard paru dans le Monde du 8/9 mars en page 2, intitulé « Procès de l’Angolagate, la justice en échec ».
Comme le souligne la journaliste, un procès pour rien. Le principal prévenu absent et en fuite en Israël (le milliardaire Arcadi Gaydamak), un autre (Pierre Falcone) opposant le « secret- défense » à toutes les questions du tribunal, en arguant de son statut de diplomate de l’Angola, la présence d’un avocat angolais pour s’opposer à ce procès portant atteinte selon l’Etat angolais à sa souveraineté, et comble de cette parodie de justice, l’Etat français par l’intermédiaire de son ministre de la Défense, Hervé Morin, donnant dans un courrier aux avocats de l’accusé Pierre Falcone, des arguments juridiques pour s’opposer à l’accusation.
Pour Pascale Robert-Diard « Du jamais vu : une autorité publique tentant de saper le fondement même de l’accusation de trafic qui allait être soutenue, à l’audience, par le représentant d’une autre autorité publique, le parquet. »

Quel est donc cet enjeu si important pour que l’Etat français entrave le fonctionnement normal de la justice ?
Au-delà du risque d’abimer l’image du pays défenseurs de droits de l’homme avec cette affaire de corruption et de délits de trafics d’armes, ce qui importe surtout à la France aujourd’hui, c’est de renouer des opérations de ventes d’armes juteuses avec l’Angola.
Donc pas de vagues sur le passé et les 790 millions de vente d’armes illicites effectuée, et ouvrons un nouveau marché fructueux sur le marché de la mort.

Télécharger l'image
 

Les Suisses ne sont pas en reste sur le débat moral autour des ventes d’armes.

Des élus politiques débattent sur une proposition de loi visant à pénaliser l’industrie de l’armement dans le cadre d’exportation de matériel de guerre. Il est déjà certain que cette proposition de loi sera rejetée au motif qu’elle porterait un coup préjudiciable à l’industrie militaire suisse.

Le journal Le Temps, dans son édition du 11 mars 2009, cite les arguments simples et inouïs, invoqués par quelques élus :
« La priorité économique prime sur la priorité morale »,
« Il n’existe pas de distinction entre bons et mauvais emplois ».

Tout est dit. La morale et les valeurs sont secondaires pour nos gouvernants.

La crise majeure actuelle, ressemble de plus en plus à un effondrement lié à la concomitance de plusieurs crises. Crise écologique avec le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité, crise alimentaire et sociale avec l’effondrement d’un modèle économique intenable.
Il faut rajouter à l’origine de ces multiples crises, une profonde crise culturelle, celle des repères et des valeurs.

Commentaires


Voir aussi

« Si je savais quelque chose qui fût utile à ma patrie et qui fût préjudiciable au genre humain, je la regarderais comme un crime. » Montesquieu

Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat français à la coopération, d ...

S'abonner
Lettre d'informations

Renseigner votre email pour recevoir par mail les nouveaux billets (envoie tous les 7 jours) :

 

  Haut