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« Inventer une nouvelle croissance… » !
le 18/09/2009

A la une du Monde du 15 septembre, ce titre prometteur « Inventer une nouvelle croissance qui privilégie le bien-être humain ».
L’article du journal commente la sortie d’un rapport demandé par la France à des économistes pour établir un nouveau mode de calcul de la richesse. Une commission présidée par l’économiste américain Joseph Stiglitz vient ainsi de remettre ce rapport attendu au chef de l’état français.

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Nicolas Sarkozy s’est appuyé dessus pour critiquer clairement les statistiques actuelles.

« Pendant des années, les statistiques ont affiché une croissance économique de plus en plus forte comme une victoire sur la pénurie, jusqu’à ce qu’il apparaisse que cette croissance détruisait davantage qu’elle ne créait. […]. Derrière la religion du chiffre, il y a toujours la religion du marché qui a toujours raison […]. Or si le marché avait la bonne réponse à tout, cela se saurait. »

On ne peut qu’être d’accord avec ces commentaires du président de la République.

On aimerait toutefois aller beaucoup plus loin, et que l’on ne se contente pas de remettre en cause le « thermomètre ». Que l’on reconnaisse maintenant l’aberration du fameux indicateur PIB est bien, mais ce n’est pas en rajoutant des indicateurs plus pertinents ou sophistiqués que l’on changera l’état du malade.
On constatera à l’évidence qu’il va de pire en pire, ce que l’on sait déjà au fond. Il faut donc s’attaquer aux causes de la maladie, et pas seulement au thermomètre !

C’est la croissance elle-même, qui « détruit davantage qu’elle ne crée », et non pas les outils statistiques censés mesurer cette « croissance ».

Or la batterie de recommandations proposée par la commission Stiglitz n’est justement qu’une faible et compliquée tentative pour combler les limites et incohérences des mesures actuelles de la « richesse ». On est donc encore loin de la remise en cause impérative de l’absurde « course à la croissance ».

Et dans le même temps, il serait nécessaire de redéfinir ce que l’on entend par « richesse ». S’il s’agit de mesurer les biens matériels, on est assez bien équipé sur ce plan ; s’il s’agit de prendre en compte les services inestimables rendus par la nature et les écosystèmes, à l’évidence nous restons aveugles sur ce plan, car nous perdons tous les jours des richesses précieuses et vitales (terre, eau, air…).

Jean-Paul Fitoussi, coordinateur des travaux de la commission, dans une interview accordée au Monde, veut croire que les premiers pays qui suivront les recommandations du rapport « gagneront en compétitivité » !

Décidément, on ne sort pas facilement des contradictions du modèle et on continuera malheureusement à croire qu’on peut « Inventer une nouvelle croissance qui privilégie le bien-être humain » !

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